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Quel est le rôle des zoos dans la conservation des espèces menacées ?



Quel est le rôle des zoos dans la conservation des espèces menacées ? Au parc zoologique du Reynou, au Vigen, la préservation passe avant la reproduction.
Ils nous attendrissent et nous donnent envie de venir les prendre en photos. Ils : les bébés animaux du Reynou. Certes, ils ont tout pour plaire avec leur frimousse attachante et leur démarche hésitante, mais ce n’est pas l’objectif premier du parc zoologique.

« Les naissances, c’est très bien, mais nous sommes aujourd’hui en capacité de reproduire la quasi totalité des espèces menacées ». Pour Franck Haelewyn, directeur zoologique et unique vétérinaire du parc, la reproduction n’est donc pas la priorité, tout du moins au Reynou.

En effet, le parc veille au maintien d’une qualité génétique la plus proche possible des espèces sauvages. Pour l’Association européenne des zoos et aquariums (EAZA) - dont le rôle est de promouvoir la coopération entre établissements zoologiques afin de préserver les espèces - l’enjeu est de garder entre 90 et 95 % du patrimoine génétique des fondateurs des différentes populations animales.

Des principes éthiques et pédagogiques
Comme le rappelle le vétérinaire, plus le patrimoine génétique est large, plus l’espèce est protégée. Ce dernier prend l’exemple des chiens « bâtards », issus de croisements, dont l’espérance de vie est supérieure aux « pure race ». À l’opposé des éleveurs, qui souhaitent fixer les caractéristiques d’une race pour en préserver la singularité, les parcs zoologiques, eux, s’efforcent de conserver la diversité la plus large, en privilégiant un panel génétique très vaste.

Et cela nécessite une coopération transrégionale à l’échelon européen, via l’EAZA. Des coordinateurs existent pour chaque espèce, comme les oryx algazelles, dont le Reynou gère le programme d’élevage européen (EEP). Des gamètes peuvent également être échangés à l’international, en témoigne l’étalon onagre du parc, dont le sperme sera prochainement envoyé aux États-Unis pour y renforcer la génétique.

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L’autre problème que pose la reproduction déraisonnée est l’absence en nombre suffisant d’infrastructures d’accueil pour les nouveaux venus. Enfin, si le parc zoologique reste une entreprise privée, « sa seule vocation n’est pas de faire de l’argent ». « Notre mission et notre raison d’être sont à la fois éthiques et pédagogiques ». Les bébés animaux ne doivent donc pas être un enjeu de communication pour attirer les visiteurs.

« Je l’admets moi-même, un monde idéal serait un monde sans parcs zoologiques, mais ce serait aussi un monde sans pollution, sans pression démographique, sans surexploitation de la planète, etc. »

La seconde mission du zoo est en effet d’ordre éducatif. « Il y a un fort décalage entre la compréhension que peuvent avoir les enfants et certains adultes du monde animal et la réalité », regrette Franck Haelewyn. Or, « il faut recréer ce lien entre les visiteurs et les animaux captifs, ambassadeurs de leurs congénères sauvages. »

Le personnel du parc prend donc à cœur sa tâche d’expliquer des phénomènes tels que le réchauffement climatique et l’impact de l’activité humaine sur son accélération. Les deux ours blancs du zoo sont aussi là pour sensibiliser à cela.

Visiter le parc permet ainsi d’admirer un panel très large d’animaux sauvages - 600 animaux de 125 espèces différentes se répartissent sur les 100 hectares du domaine - tout en prenant conscience de l’urgence à préserver certaines espèces, avant de chercher à les faire reproduire en captivité.


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